Le sionisme politique: Le racisme hégémonique du début du 21e siècle Par Ian Donovan

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06/01/2016 by socialistfight

ReelBadArabs

Page de garde: L’image véhiculée au peuple des Arabes dans certains de nos films hollywoodiens les plus aimés, ressemble en fait … à l’image propagée des Juifs par la propagande nazie … Hollywood et Washington partagent les mêmes gènes. Les événements politiques et économiques tels que la crise et les prix élevés du pétrole aux États-Unis à la suite du refus des Arabes de l’exporter vers nous (à vil prix), la révolution (non arabe) en Iran, ainsi que les activités d’Al-Qaïda, les événements du 9/11 et d’autres, exportèrent à chaque foyer américain une image mauvaise et brouillée des Arabes… un modèle flagrant qui profilait un stéréotype des Arabes. Ils ont également montré la similitude de ce stéréotype avec la caricature et l’art du dessin antisémite et raciste à travers l’histoire.

Les socialistes et (les antiracistes plus généralement) doivent combattre le rôle du Sionisme politique en tant que les principaux promoteurs du racisme ouvert d’aujourd’hui. On veut dire : racisme ouvert, pas du racisme en général. Il existe de nombreux autres types de racistes actifs dans les pays capitalistes avancés, mais à l’exception des Sionistes politiques ils opèrent largement, d’une manière cryptique et obscure en termes de discours politique.

Nous devons faire ceci parce que nous ne réduisons pas d’une manière vulgaire, toutes les questions impliquant l’oppression aux relations purement économiques. La politique de classe des travailleurs est plus complexe que cela, et les antagonismes de classe et sociaux sont réfractés à travers, et souvent ils sont obstrués par une superposition substantielle de questions résultant d’autres types complexes d’oppression qui ne peuvent pas être simplement réduits à une pure question de «classe». Comme disait Lénine il y a un siècle, lorsqu’il traitait avec des questions concrètes, souvent très différentes, mais du même type:

“Le social-démocrate idéal ne devrait pas être le secrétaire du syndicat, mais le tribun du peuple, qui est capable de réagir à toute manifestation de tyrannie et d’oppression, peu importe où elle apparait, peu importe le strate ou la catégorie de personnes qu’elle affecte” (https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1901/witbd/iii.htm)

AliBaba

 La situation concrète a peut-être changée, mais le principe de base reste le même. Les socialistes sont des démocrates conséquents, et doivent être en mesure de répondre complètement et concrètement à des questions portant sur ces formes d’oppression, sous une forme à jour afin d’aider à les résoudre et expliquer les principes de de classe qui les sous-tendent. Dans les circonstances actuelles, avec apparemment, le début une nouvelle Intifada en Palestine, et avec des politiques dans les pays impérialistes, y compris la politique britannique sensiblement influencé par le Sionisme, et des injonctions de grandes dirigeants influencées par le Sionisme dans tous les grands partis sur leur point de vue et que pour certains politiciens sont, ou ne sont pas, considérées comme légitimes, il est une question de la plus haute importance d’obtenir une vision correcte. Plus loin, je vais traiter de certaines manifestations concrètes à ce sujet lors de la montée de Jeremy Corbyn à la direction du Parti travailliste, mais d’abord il y a besoin d’une bonne élaboration et d’une théorisation concrète.

Il est nécessaire de définir exactement ce que nous entendons par le Sionisme politique. C’est un mouvement dont l’objectif est le maintien par tous les moyens d’un Etat ethnique juive sur le territoire maintenant connu sous le nom d’Israël, qui a été pris par la force à ses habitants arabes autochtones il y a plus de 70 ans, et maintenu toujours dans cet état par la force la plus monstrueuse contre les populations autochtones de Palestine. Bien que son noyau, est juif, le Sionisme est non seulement limitée aux Juifs. S’il était tout simplement un mouvement strictement juif, il ne serait pas si dangereux et hégémonique. Il a plutôt une grande autorité morale parmi les classes dirigeantes des pays capitalistes avancés, d’une manière analogue à la façon dont le suprématisme blanc, l’anticommunisme, l’homophobie et même ironiquement l’antisémitisme avaient autrefois une autorité similaire.

Il y a un fil commun à toutes ces idéologies sectaires, qui ont pris racine en tant que chiens de garde idéologiques de la bourgeoisie dans des périodes historiques divers. Ils sont ou ils ont tous été vus par la bourgeoisie comme des moyens de terreur idéologique contre les adversaires du système capitaliste, et donc comme moyen de préserver un système social capitaliste qui ne possède pas beaucoup d’attrait parmi la classe ouvrière et les exploités en général. Si les représentants politiques du capitalisme proclamaient ouvertement que le système est consacré à l’enrichissement d’une infime minorité de la population, il ne saurait pas durer très longtemps. Sa force réside dans sa capacité à créer des idéologies qui dissimulent cette réalité, qui donnent des raisons pour des sections de la population soumise à haïr d’autres sections de la population, au profit du capitalisme.

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L’impérialisme et la suprématie «raciale»

 Le capitalisme vit en créant des boucs émissaires; cette technique est à la base de leur effort de convaincre la classe ouvrière et les gens de la classe moyenne, qu’ils ont un intérêt commun, et non pas ensemble avec l’autre contre le capital, mais unis avec le capital contre quelque population pareillement opprimée par celui-ci. Cela a toujours été le but du racisme sous toutes ses diverses formes. C’était évidemment le but du ‘suprématisme blanc’, qui a existé depuis l’aube du capitalisme; c’était de créer une idéologie selon laquelle, au lieu de s’opposer à l’esclavage et à l’oppression coloniale, une partie de la classe ouvrière, en particulier celle des nations oppressives, a estimée qu’elle profitait en termes sociaux de l’esclavage de la classe ouvrière (généralement) non-blanche des pays coloniaux.

Elle était, et elle est encore (sous une forme modifiée) la base matérielle pour cela, en ce qui concerne les profits énormes acquis initialement à partir de la forme capitaliste hybride d’esclavage qui a été utilisés pour financer l’industrialisation des premiers pays capitalistes avancés, notamment : la Grande-Bretagne, la France, L’Hollande et plus tard les États-Unis. Cela a jeté les bases pour que ces Etats mènent de vastes guerres de conquête dans le monde entier, et donc pour l’exploitation ultérieure des colonies et semi-colonies sous l’impérialisme capitaliste et monopoliste moderne.

Comme l’écart entre les nations capitalistes avancés émergentes et les pays et les peuples que les classes dirigeantes pillaient et réduisaient à l’esclavage a grandi progressivement, en termes matériels, une partie de la richesse ainsi acquise était, et est toujours, utilisé pour racheter une couche des travailleurs dans les pays avancés, avec des gains sociaux qu’il était clair, dépendaient du sort de «leur» pays impérialiste dans l’ordre mondial. Cela a été justifié par l’idée pernicieuse de la supériorité et de l’infériorité raciale. Ceci fut effectivement toujours la base idéologie de l’impérialisme parmi la classe ouvrière.

La doctrine de la supériorité «raciale» blanche était dominante au sein de l’idéologie impérialiste pendant toute la période coloniale, mais a subi apparemment un coup énorme, qui l’a discréditée avec la défaite de l’Allemagne nazie dans la Seconde Guerre mondiale. Le régime d’Hitler était l’expression concentrée de cette doctrine; même si, en vertu de sa défaite dans la guerre de 1914-18 les colonies de l’Allemagne en Afrique avaient été perdues. Au lieu d’un empire colonial basé sur le pillage dans ce qui est maintenant connu sous le nom de Sud Global, l’Allemagne nazie a concentré ses principaux efforts vers l’Est. Sa version de la «supériorité raciale» a traitée les Slaves, et sous une forme plus concentrée les Juifs et les Gitans comme des Untermenschen (sous-hommes) qui devaient être exploitées comme esclaves et finalement exterminés pour le bénéfice supposé de la übermenschen aryenne.

 Contradictions et de paradoxes

 Mais le coup porté aux notions de supériorité raciale qui ont résulté de la défaite de Hitler ne fut pas sans contradictions, sans paradoxes et sans ambiguïtés. Bien que les racines idéologiques du national-socialisme se trouvaient fermement enracinées dans le ‘suprématisme blanc’, beaucoup, sinon la plupart de ses victimes dans la terreur génocidaire qui a été concentrée en Europe, étaient en fait des blancs (mais pas considérés comme des «aryens» selon l’idéologie raciale nazi).

L’affirmation selon laquelle le massacre des Juifs était tout simplement unique, ce qu’aujourd’hui proclament principalement des chauvins juifs ou ceux qui suivent certains aspects de leur idéologie, est fausse. Le génocide nazi de 5 à 6 millions de Juifs d’Europe orientale, est appelé aujourd’hui l’Holocauste ou Shoah. Celle-ci s’est déroulé à côté d’un nombre similaire de non-Juifs assassinés, y compris au moins quatre millions de Slaves de diverses nationalités, un demi-million de Tsiganes, des dizaines de milliers des homosexuels et de nombreux communistes identifiés.

Ce n’était même pas le premier massacre de millions des gens sous l’impérialisme moderne. Un abattage comparable a eu lieu, d’environ 10 millions d’africains congolais noirs, aux mains de l’Etat belge, qui a institué le gouvernement personnel de son roi, Léopold II, au Congo, juste avant le début du 20ème siècle. Cette incroyable acte de tuerie en masse est infiniment moins connu que le massacre des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale (voir le travail ‘Le fantasme du Roi Léopold’ par Adam Hochschild ,1998, pour un compte rendu complet).

Les raisons de ce manque de connaissances sont de nature diverse; la première est que beaucoup d’efforts ont été déployés par la classe dirigeante belge pour les couvrir. Elle a été beaucoup aidée par les plus puissants alliés impérialistes; La Belgique fut le casus belli pour la participation de la Grande-Bretagne dans la Première Guerre mondiale. La violation de la «neutralité» de la «pauvre petite Belgique » par l’Allemagne, une manœuvre militaire contre son adversaire la France, fut l’excuse pour la déclaration de guerre en 1914 de la Grande-Bretagne (elle était déjà prévue). La présentation de la Belgique en tant que victime ne serait pas tout à fait aussi convaincante si on avait largement connu ce que l’impérialisme belge était coupable de faire. Un acte d’abattage que excédait de beaucoup tout ce qui était alors connu, et que même Hitler n’a probablement pas dépassé.

Le massacre génocidaire des africains noirs dans le Congo belge est aussi révélateur de quelque chose d’autre qui est tout à fait hypocrite quand l’impérialisme occidental proclame d’avoir fini avec le racisme. Ceci est seulement la pire de nombreuses atrocités commises contre les peuples non blancs par les puissances coloniales et impérialistes. Mais cela n’a pas été que l’abattage des africains de peau foncée qui a discrédité la cause de la suprématie raciale – au contraire le crime belge et beaucoup d’autres en Afrique et en Asie ont été marginalisés dans la conscience du public et sont sous-reconnus à ce jour. Au contraire, il a été le meurtre en masse des Juifs européens qui est censé être l’événement séminal qui a discrédité la notion de suprématie raciale.

Pourtant, malgré le rejet supposé de la suprématie raciale que la Shoah juive a provoqué, l’impérialisme abat encore des gens dans les pays du Sud qui contestent la domination impérialiste, et ces massacres continuent sans relâche, bien que ces jours-ci souvent sous la bannière de l’intervention «humanitaire» à la place de la suprématie raciale. Sauf que là où la dépossession par Israël des Arabes palestiniens est concernée, même cette feuille de vigne manque car l’«Etat juif» est ouvertement suprématiste et a des lois ouvertement racistes.

 Le Culte de la Shoah

a façon dont cela est rationalisé dans l’Occident se fait à travers le culte de la Shoah juive. Ainsi, alors que des événements tels que l’assassinat par le roi Léopold de Belgique au Congo de millions de gens n’a pas et de loin l’importance historique qu’elle mérite et est en effet couvert par omission, la Shoah des juifs (bien que pas les autres victimes d’Hitler) est sacralisée comme le crime ultime de l’histoire humaine. Les juifs sont dépeints comme les ultimes victimes. Leur souffrance, la Shoah, les met implicitement dans une autre catégorie sainte devant le reste de l’humanité. Pour ceux qui souscrivent à cette idéologie hypocrite, qui est lui-même génocidaire dans sa logique, la souffrance juive passé signifie que les Juifs ont complètement le droit d’établir un Etat ethnique juif au Moyen-Orient en expulsant la majorité de la population indigène de la Palestine. En outre, selon les partisans de cette idéologie, qui comprend presque tous les politiciens bourgeois d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale, ainsi que les fonctionnaires politiques bourgeois de la soi-disant gauche, Israël “a le droit de se défendre”… des personnes qu’elle avait chassées par la force de leur propre pays.

Ce concept purement raciste se manifeste chaque fois qu’Israël décide de «tondre la pelouse», comme il appelle ses massacres génocidaires périodiques des peuples autochtones dont les terres elle a pris par la force, et continue de prendre de plus en plus. Lorsque cela se produit, devant la réponse à tout à fait justifiée de rage et de haine de la part des honnêtes et normaux gens de la classe ouvrière contre les bêtes qui effectuent ces «tontes», vous entendez un miaulement à propos des soi-disant «antisémitisme» qui est purement raciste dans le fond. Après tout, il n’y a que les Arabes qui sont les victimes, et ils ne sont pas vraiment importants pour tous, ce qui compte vraiment est la domination sur eux des juifs israéliens, qui font partie intégrante de la «civilisation judéo-chrétienne», si précieux pour le système capitaliste lui-même, bien plus que les considérations normales de décence humaine qui partent droit par la fenêtre. Ceci est l’idéologie raciste dominante en Occident aujourd’hui, servie par un gangreneux pseudo-anti-racisme hypocrite.

Une conséquence importante de ces événements dont le carnage congolais de Léopold reste peu connu, est qu’il contribue à propager le mythe que la barbarie de l’Allemagne nazie était une sorte d’aberration, quelque chose d’étranger, pas quelque chose d’enracinée dans le mode de production capitaliste lui-même. L’Allemagne nazie est réputé étrangère à l’éthique humaine et tolérante, celle du but lucratif qui est la soi-disant caractéristique du capital. Le nazisme est, au contraire, crocheté avec le «communisme». Les atrocités de Staline, Mao, etc., avec Hitler, sont dépeintes comme dans une catégorie soi-disant complètement différente, «totalitaire» à la société «normale», capitaliste.

 La lutte de classe et le «totalitarisme»

Mais ces distinctions sont bidon. En fait tant le nazisme comme le stalinisme sont des produits de la lutte de classe qui est organique au capitalisme, à la base duquel ils ne peuvent jamais échapper, quelque stratagème a laquelle la classe dirigeante puisse recourir. Les deux, de manière assez différente, étaient des mouvements dirigés contre la classe ouvrière. Le nazisme était un mouvement de masse de la petite bourgeoisie commerçante, une classe désespérée et impuissante, des chômeurs chroniques qui ont été utilisés par les capitalistes allemands comme un bélier pour briser le mouvement syndical le plus fort en Europe quand le capital allemand se trouvait face à la crise la plus profonde, la plus invalidante de son histoire au cours de la dépression des années 1930.

Elle a été capable de faire cela parce que le mouvement ouvrier allemand était politiquement dominé par la bureaucratie syndicale social-démocrate, qui avait prouvé sa loyauté envers le capitalisme en 1914-1918 par son soutien à l’effort de guerre impérialiste. Cette même loyauté et la servilité envers le capital signifiait qu’ils avaient refusé de lutter contre la terreur fasciste d’Hitler avec les méthodes de la guerre civile; sous leur mauvaise direction les travailleurs allemands ont été écrasés sans résistance.

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Le Parti communiste allemand (KPD) était censé être l’opposition révolutionnaire à cela. Elle avait été fondée par des combattants de principe de la classe ouvrière qui avaient été les adversaires les plus déterminés de la guerre impérialiste mondiale. Les principaux fondateurs du parti ont été assassinés en 1919 par l’extrême-droite agissant dans une alliance précaire avec l’aile droite pro-guerre des sociaux-démocrates dans le contexte d’une révolution naissante, spontanée de la classe ouvrière. Le Parti communiste tout nouveau, sachant qu’il était trop petit et inexpérimenté pour diriger le soulèvement révolutionnaire à la victoire, a tenté d’apporter le leadership dont elle pouvait, tout en minimisant le risque d’une défaite écrasante pour la classe ouvrière. Cependant cela leur a coûté la mort de certains de leurs meilleurs chefs: Luxemburg, Liebknecht, Jogiches et d’autres.

Le KPD ne se remit jamais de la perte de ses fondateurs révolutionnaires, et il est devenu une victime de la dégénérescence de la révolution russe. Une série de dirigeants moindres ont été imposées par le régime qui dégénérait en Russie, un régime qui a été de plus en plus hostile à la possibilité de la révolution de classe ouvrière partout ailleurs. Il avait acquis les moyens de contrôler les grands partis communistes dans certaines parties du monde, et de leur imposer des politiques qui ont servi ses intérêts, non pas ceux de la classe ouvrière dans leurs propres pays, mais de la clique autour de Staline en URSS. Pour ses propres raisons de faction et de prestige, le régime stalinien à vu, à ce moment, la social-démocratie comme son principal ennemi. Il a dirigé le leadership apprivoisé du PC allemand pour poursuivre une politique bizarre de dénonciation des sociaux-démocrates allemands comme des «sociaux-fascistes» et même parfois ils ont fait alliance avec les nazis contre eux. Le fait a eu pour effet de faire impossible le combat des ouvriers allemands contre le fascisme – il a également joué un rôle crucial, aux côtés de la servilité des sociaux-démocrates eux-mêmes, en permettant à Hitler de gagner sans aucune résistance sérieuse.

Ces événements ont eu lieu dans un contexte beaucoup plus large: la défaite de la vague révolutionnaire de l’après-Première Guerre Mondiale dans les pays occidentaux avancés, plus crucialement en Allemagne, a signifiée que le seul endroit où une révolution victorieuse avait eu lieu était la Russie arriérée. Le confinement de la classe ouvrière à un pays arriéré isolé mais grand, où les travailleurs urbains ont été massivement surpassés en nombre par les paysans vivant sur la base d’une économie rurale arriérée, signifiait que le socialisme, toujours conçu comme un système international impliquant au minimum plusieurs des pays les plus avancés agissant de concert, était dans la situation donnée, impossible.

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L’Etat soviétique n’a pas cessé pourtant d’exister; c’est plutôt une nouvelle couche conservatrice qui a surgi au sein du Parti communiste lui-même, et qui, par degrés a manipulé les véritables éléments communistes internationalistes du pouvoir, puis les a réprimé sauvagement dans un bain de sang contre-révolutionnaire à la fin des années 1930. Ils ont rivalisé avec la répression engagée par le fascisme dans les pays capitalistes. Cela était équivalent à pousser la classe ouvrière hors du pouvoir pour être remplacée par une forme anomale de domination de classe basée sur une bureaucratie d’Etat, qui a imité l’exploitation du capital tout en prenant un demi-siècle pour rompre ouvertement avec l’idéologie officielle de la révolution et avec l’économie appartenant à l’Etat qui a été créé par lui.

Et pourtant ce régime a continué de s’appeler «communiste», et il a continué pendant des décennies à diriger une économie appartenant à l’Etat, et a même réussi à attirer des mouvements «communistes» qui l’imitaient dans un certain nombre de pays arriérés, comme la Chine, le Vietnam, même Cuba. Ceux-là n’étaient pas des mouvements de la classe ouvrière qui chercheraient le socialisme international ayant comme base la démocratie ouvrière et les forces productives le plus avancées.

Au contraire, ils étaient de mouvements nationalistes paysans et de la classe moyenne, à la recherche d’une autre façon pour les pays arriérés de s’industrialiser à l’aide d’un État centralisé. En prenant comme une arme l’exemple russe, dans des pays où le capitalisme lui-même avait conduit ces pays dans un marais de domination étrangère, d’asservissement et de paralysie. Ces régimes en effet, ont sauvé le capitalisme de lui-même, à travers l’indépendance, l’unification, et les conditions pour l’émergence de marchés capitalistes nationales viables dans les pays qui avaient auparavant été pillés et ruinés par la action prédatrice de l’impérialisme, au point que les formes traditionnelles de domination capitaliste étaient devenues temporairement non viables.

Ces régimes staliniens ne furent pas une alternative au capitalisme en termes historiques, mais ont agi comme quelque chose qui ressemble à un plâtrage pour le système capitaliste, un cadre rigide sous laquelle les os brisés de capitalisme local pouvaient être réparés. Contrairement à la démonologie et aux fabricants des mythes par les apologistes carrément pro-capitalistes et pro-impérialistes, ces régimes ne sont pas la création de fanatiques et des extrémistes. Le fait même que les masses du peuple cherchaient une alternative au capitalisme en premier lieu parce que le capitalisme était impérialiste, avait conduit ces sociétés au bord de l’effondrement social. Leur rejet du prétendu «gauchisme» et du «trotskysme” n’était pas un point obscur de doctrine, mais le rejet de la classe ouvrière elle-même, dans la poursuite d’un programme qui a donné ces régimes bureaucratiques hybrides de capital étatisé un caractère de régents (comme la Régence lors de l’enfance de Louis XIV), qui a finalement été pro-capitaliste dans un sens profond, ouvrant la voie à la renaissance du capitalisme sans fard. Ainsi la politique de Eltsine n’était pas divergente de la politique de Staline; la politique de Deng Xiaoping n’avait pas de divergence avec celle de Mao Zedong; ils étaient plutôt les descendants logiques de la phase antérieure.

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Les changements dans la hiérarchie “raciale” impérialiste

Ceci peut paraître une digression de l’objet de cet article, mais il n’est pas. Le Sionisme n’est pas un mouvement confessionnel confiné au Moyen-Orient, mais plutôt quelque chose qui joue un rôle important dans plusieurs pays impérialistes, notamment aux États-Unis, mais aussi en Europe Occidental. Argumenter la montée d’un tel mouvement à la proéminence, et le rôle qu’il joue effectivement dans le monde, dans la phase actuelle de cette époque du déclin capitaliste-impérialiste, dans le contexte plus large du monde dans lequel ces développements ont eu lieu, ont également besoin d’être compris. Le rôle des soi-disant mouvements communistes à l’échelle internationale, en particulier compte tenu de la puissance que ces mouvements exerçaient pendant la période dont nous parlons, est une partie de ce contexte international, qui ne peut être analysée en termes marxistes sans toucher cette question, au moins dans sa caractéristiques les plus importantes.

Ces événements sont importants pour comprendre comment le Sionisme a gagné la position hégémonique qu’il a aujourd’hui dans la politique bourgeoise. Cela est lié à un changement majeur dans la position des Juifs dans la hiérarchie des peuples, ce qui est inévitable dans un monde divisé et pas seulement par des classes sociales, mais aussi par un système d’Etats-nations qui le sous-tendent, dans lequel un certain nombre de pays impérialistes riches extraient systématiquement un tribut des nations moins riches et des peuples correspondants. Ainsi se superposant à la division de classes entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, des relations inégales entre les peuples se sont massivement développées. Les classes dirigeantes de certains pays jouent de fait un rôle dans la suppression du développement économique et politique d’autres peuples. Cela se fait à travers le pillage et, à la fois, par l’exploitation directe et indirecte. Ainsi, nous obtenons le phénomène de peuples oppresseurs et de peuples opprimés dans toutes ses variantes, ce qui contamine la lutte de classe «pure» avec des questions nationales complexes.

La superposition est également présente avec l’oppression des minorités ethniques importants dans les pays impérialistes. Par exemple, on trouve l’oppression de la population noire des États-Unis qui a eu son origine l dans ‘esclavage de la période capitaliste antérieure, ( et cela malgré Barack Obama) et c’est encore loin de l’égalité réelle. Il y a l’oppression des peuples autochtones dans un certain nombre d’anciens Etats coloniaux et des colons, en Australie et en Nouvelle-Zélande où cela est encore une question sociale majeure; ou d’ailleurs aux États-Unis et au Canada où les restes de la population amérindienne ont été poussés à la marge et traités comme des parias. Dans le passé, il y avait des Etats d’origine colonial, avec des colons, où la discrimination raciale formelle était une politique d’Etat, comme l’apartheid en Afrique du Sud et Rhodésie. Quelque chose de semblable à certains égards, est tentée en Palestine occupée mais il y a quelques différences importantes.

Il y a aussi la situation de nombreux immigrés d’ex-colonies dans les pays impérialistes, tels que les Afro-Antillais, les Asiatiques du Sud et, plus récemment les Africains au Royaume-Uni, les Arabes du Maghreb et autres ainsi que des Africains noirs et ceux des Antilles françaises dépendantes en France, les «travailleurs invités» turcs en Allemagne, la population opprimée des Romanichels dans une grande partie de l’Europe orientale, les Caucasiens et ceux de l’Asie centrale ex-soviétique en Russie, ou même la population immigré coréenne au Japon. Plus récemment, les migrations des Européens de l’Est dans le contexte de la libre circulation dans l’UE, ont compliqué, mais pas fondamentalement changé, ces questions.

Toutes ces questions impliquent la création de hiérarchies ethniques (ou «raciales») par des processus historiques, tant à l’intérieur comme à l’extérieur des pays impérialistes. Tous parmi eux se trouvent en quelque sorte liés à la condition d’une sorte de servitude ou de statut de seconde classe, faite sur des peuples entiers, dans la mesure où il est vrai que la majorité de l’humanité est non seulement soumise à l’exploitation dans le sens des travailleurs par les capitalistes, mais aussi à une certaine forme supplémentaire d’oppression nationale ou raciale par dessus cela. Quelque chose que dans la pratique les prive même d’un statut égal avec les gens de la classe ouvrière ordinaire des pays impérialistes qui constituent eux-mêmes une classe exploitée et souvent à demi-supprimée. Ces types de relations entre les peuples, une fois consolidées sous le capitalisme, ont eu tendance à devenir inamovibles, établissant une partie inhérente du système, au point qu’il est évident pour quiconque étudie sérieusement ces questions dans leur contexte historique, que l’émancipation réelle de cette oppression systématique par ces peuples ne peut prendre entièrement lieu que seul où le capitalisme est aboli.

 L’exception à la règle

Il y a une exception flagrante à ceci: une population autrefois opprimée sous le capitalisme a échappé à l’oppression et à la dégradation, et même à une tentative sérieuse de génocide dans le milieu du 20ème siècle, pour remonter de facto droit vers le haut de la hiérarchie des peuples, celle que le capitalisme a créé. Les juifs ont, comme cas unique sous le capitalisme, échappé à la situation d’être une population semi-paria au début du 20ème siècle pour devenir les meilleurs chiens de garde du monde impérialiste au début du 21e siècle. Symboliquement, c’est le terme «civilisation judéo-chrétienne» qui est habituellement utilisé par les idéologues de l’impérialisme occidental pour désigner la supériorité supposée innée de l’Occident à ce qu’il perçoit comme les «autres». Par degrés, cela est devenu le discours dominant; depuis la guerre de 1967 au moins, c’était la conception par défaut, marginalisant les thèmes anti-juifs des manifestations précédentes de la réaction impérialiste. Dans les années 2000, avec l’éruption de la «guerre contre le terrorisme» par l’impérialisme: cette couverture idéologique pour une tentative de recolonisation partielle d’une partie du Moyen-Orient par les Etats impérialistes, est devenu une légende militariste, raciste à peine déguisée, sûre de son propre droit.

Le renversement de la situation des juifs dans la hiérarchie des peuples par l’impérialisme a une explication matérialiste. Contrairement à presque toutes les autres populations victimes, qui ont été soumises à l’oppression raciale sous le capitalisme, les juifs ne furent jamais, sauf dans les circonstances de la tentative réelle de génocide, une population asservie comme les sujets de l’oppression du type colonial. Plutôt, la population juive était un type différent de population paria avec une origine complexe liée à leur rôle économique dans la société européenne précapitaliste. Ils étaient un peuple-classe qui échangeait des denrées d’échange et de l’argent d’échange plus tard, dans les sociétés où l’échange des marchandises, même la production marchande elle même (qui était pratiquement inconnue), était une activité à la marge du système économique. Un système économique qui était basée sur les ressources naturelles, sur l’économie agricole et une forme d’exploitation basé sur l’appropriation de biens matériels (des valeurs d’usage en termes marxistes), et non pas d’échanges de valeurs.

Ceci est un sujet complexe, qui a été traitée complètement ailleurs. Il a été touché par Karl Marx dans son essai célèbre « Sur la question juive ». La définition des juifs en tant que peuple-classe de commerçants dans la société précapitaliste a été élaboré en détail dans le travail remarquable d’Abram Léon : « La question juive: une interprétation marxiste », et certains développements de cette analyse ont été beaucoup plus récemment mis en avant par moi-même dans un série d’articles sur le site communiste Explorations et de manière plus synthétique dans « Projet de thèses sur les Juifs et l’impérialisme moderne ».

Le centre de l’argumentation est que le rôle de parias des Juifs était un phénomène transitoire qui n’est pas organique au capitalisme, mais plutôt qui était un reliquat de l’époque féodale tardive, quand leur rôle précapitaliste comme classe «étrangère» d’échanges des marchandises et d’argent, a été rendue superflue par l’émergence des bourgeoisies que les concurrencèrent. Ils ont été poussés à la marge et sont devenus une couche des parias associés surtout avec l’usure, forcée dans des ghettos par le féodalisme qui les a utilisés comme boucs émissaires devant le mécontentement des masses devant un système économique en désintégration, tout en étant en même temps considérés comme des concurrents insidieux de l’émergente bourgeoisie indigène.

Ce statut de paria et d’oppression, ainsi que les vastes connexions commerciales internationales des Juifs découlant de leur statut de minorité religieuse dans de nombreux pays, les a conduit à se radicaliser à la fois comme couche intellectuelle et comme prolétariat artisanal, et dans ces rôles ils ont joué un rôle important tant dans les révolutions bourgeoises, où la demande d’émancipation des juifs du ghetto était un enjeu démocratique important, et dans la classe ouvrière au début du mouvement socialiste et communiste. En même temps, l’expérience séculaire des commerçants juifs, marchands et usuriers dans le monde des marchandises de base leur a donné un avantage culturel dans les nouvelles sociétés capitalistes qui étaient fondées sur la production généralisée des marchandises et de l’échange. Une partie de la population juive a donc été absorbé dans les bourgeoisies des nouveaux pays capitalistes en Europe, puis en Amérique du Nord, et ont eu un grand succès économique, dans une proportion de loin supérieure à la proportion de juifs dans la population en général.

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Cette combinaison, de capitalisme juif réussi, et la participation juive dans le mouvement de la classe ouvrière, se trouve la base matérielle qui a donné naissance à une idéologie particulière, raciste et profondément réactionnaire, antisémite classique, quand le capitalisme a cessé d’être en expansion, quand il était encore un système progressif à la fin du 19e siècle. Cette idéologie a été basée sur une démonologie raciste contre-révolutionnaire; elle a vu la bourgeoise juive comme les financiers d’un mouvement subversif juif dirigée contre la civilisation «chrétienne». Ce fut d’abord l’idéologie réactionnaire féodal-tardive du 19ème siècle dans la Russie tsariste, où la grande population juive a été soumise à des attaques terribles et à de pogroms. Mais comme de nombreux réfugiés juifs ont fui la Russie vers l’Occident, l’idéologie de «l’antisémitisme» et le livre fabriqué par la police tsariste « Les Protocoles des Sages de Sion » est devenu une force majeure dans la politique européenne, pour la première fois en France avec l’affaire Dreyfus, puis en Allemagne depuis le début jusqu’à la moitié du 20ème siècle, aboutissant à la montée des génocidaires nationaux-socialistes anti-juifs sous le leadership de Hitler.

Certains disent que la défaite de l’Allemagne nazie et la dénonciation du massacre en masse des Juifs, ainsi que d’autres minorités moins bien respectés tels que les Romanichels et les homosexuels, comme un nombre considérable de Slaves, ainsi que de nombreux communistes et socialistes, ont été décisifs pour discréditer le racisme. Il est donc ironique que, aujourd’hui, l’Etat Occidental, appartenant à la «famille des nations fondées sur la tradition judéo-chrétienne» qui soit-il qui ouvertement propage des critères ethniques pour considérer qui est un vrai citoyen de l’Etat, et qui ouvertement se livre à la violence, aux traitement oppressifs et à des expulsions en masse, même de personnes (non-juives) autochtones de son territoire national sur des motifs ethniques, soit Israël: l’Etat juif. Il est également à noter que cette oppression ethnique sauvage se déroule avec l’approbation totale de ses alliés occidentaux en Europe et en Amérique, avec seulement une suave gifle occasionnelle sur le poignet quand Israël «va trop loin» avec quelque atrocité incroyable contre la population indigène palestinienne arabe.

Cela donne à penser que à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, il n’y a pas eu une défaite si carrément dévastatrice du racisme, comme les apologistes libéraux des impérialismes occidentaux voudraient prétendre. Au contraire, cela suggère que le racisme impérialiste a subi une transformation quasi-révolutionnaire dans sa forme, se transformant en quelque chose de plus sophistiqué, de plus synthétique, et de plusieurs manières plus pernicieuse et hypocrite. Toutefois, il s’agit encore du racisme dans la pratique réelle: une idéologie qui, quelles que soient ses subtilités, justifie l’oppression systématique et la répression de la masse du peuple des groupes ethniques entiers, basée sur une logique qui considère ces groupes comme en quelque sorte collectivement inférieure et exploitables pour le soi-disant plus grand bien des peuples dominants. Les juifs ont maintenant rejoint les peuples dominants, comme indiqué par le mythe de plus en plus répandu sur la «civilisation judéo-chrétienne».

 Transformation en son opposé

La raison (pour cette transformation) n’est pas évidente, mais peut être expliquée par une analyse matérialiste historique. Un des facteurs mêmes qui avaient créé les conditions d’où est surgi le racisme «antisémite», et put avoir lieu, en effet, le génocide nazi, avait été transformée d’une nouvelle façon en son contraire. Avant le génocide, tel que mentionné précédemment, la combinaison de la réussite disproportionnée de la bourgeoise juive en tant qu’entrepreneur capitaliste, avec le rôle révolutionnaire de juifs dans le mouvement ouvrier avait produit l’antisémitisme comme une paranoïa raciste, contre-révolutionnaire au sein de la bourgeoisie impérialiste non-juive.

Le génocide nazi a porté un coup terrible aux révolutionnaires juifs, en exterminant physiquement un nombre énorme de Juifs communistes et socialistes. Mais il a également porté un coup encore plus dévastateur car la barbarie pure utilisée et le manque de solidarité effective que ces Juifs auraient pu recevoir du prolétariat non-juif en Allemagne (précédemment écrasée) et l’extension du Reich ont jeté les bases pour le déplacement politique juif du socialisme au sionisme. Il s’est fait comme un mouvement nationaliste qui, même s’il a d’abord pris de consonances formelles de gauche , avait une logique d’anticommunisme et de profonde division. Et troisièmement, si la bourgeoisie juive a subi des pertes graves lors du Troisième Reich, la surreprésentation des juifs parmi la bourgeoisie qui avait, en partie, provoqué la montée de l’agitation antisémite (le «socialisme des imbéciles», comme Bebel l’appelait), est restée complètement intact aux États-Unis, pour ne pas mentionner le Royaume-Uni et d’autres pays impérialistes européens, même si certains ont dû se réfugier ailleurs pour la durée du conflit avec Hitler.

En d’autres termes, ce que la Seconde Guerre mondiale et le génocide ont provoqués a été une révolution idéologique, un saut qualitatif et régressive majeur dans la conscience du peuple juif. La partie révolutionnaire, pro-classe ouvrière du peuple juif a été physiquement anéantie, et où elle ne l’a pas été, elle a été idéologiquement anéantie. Ce changement régressif est irréversible en termes de la particularité spécifique du peuple juif comme une avant-garde partielle du socialisme avant le génocide: ces éléments spécifiques de la conscience juive et le rôle d’avant-garde qu’ils jouaient autrefois ont disparu, et ne peut jamais être recréée.

Une indication cruciale de ceci est également représentée par un changement majeur dans la relation entre les Juifs et le mouvement communiste, d’une part le véritable internationalisme («trotskiste») minoritaire, et de façon plus significative en termes de puissance sociale brutale au moins, les mouvements ‘communistes’ dégénérés dirigés par Staline et ses successeurs, tant à l’intérieur et à l’extérieur de l’URSS. La radicalisation précédente des juifs en raison de leur position particulière dans le capitalisme précoce a conduit à des intellectuels et des ouvriers juifs à jouer un rôle disproportionné et particulièrement progressif d’avant-garde dans le mouvement socialiste et communiste des débuts. Toutefois, la baisse du communisme authentiquement internationaliste avec la dégénérescence du mouvement communiste conduit par Staline-depuis l’internationalisme au «socialisme dans un seul pays»- puis la montée des mouvements de substitution-nationalistes du tiers-monde en costume «communiste» dirigée par les Mao, Ho Chi Minh, Castro et Guevara, ont créé une coupure assez généralisée des juifs avec le mouvement communiste.

Tant l’internationalisme de la majeure partie du mouvement communiste au début, et l’internationalisme des Juifs radicaux qui le soutenaient, ont été éteints et ont été remplacés par des formes symétriques de nationalisme réactionnaire. Quand les juifs communistes n’ont pas été exterminés par les fascistes, beaucoup d’entre eux ont perdu l’élément internationaliste réel et, au sein de leur tradition ils sont devenus sionistes, recherchant de la re-création d’un Etat juif du Levant semi-mythique, vieux de 2000 ans, dans les conditions du capitalisme moderne: un objectif complètement réactionnaire.

Certains cachaient les implications réactionnaires de ceci, même devant eux-mêmes, par la projection d’un Israël «socialiste» – l’URSS, a même armé l’Etat israélien au berceau, avant d’être rapidement repoussée. Au fil du temps le fossé entre Juifs Sionisés et les régimes staliniens est devenu très large; la participation de nombreux Juifs occidentaux avec l’appui du gouvernement israélien dans des campagnes pour «libérer la communauté juive soviétique » (ils espéraient régler cela en Israël) a également été un facteur crucial à son tour dans le changement tout aussi drastique de la vision de la bourgeoisie impérialiste non-juive envers les juifs.

Tandis qu’auparavant ils avaient souvent regardé la bourgeoisie juive avec suspicion, comme un danger potentiel pour eux, maintenant avec la défaite de la gauche juive, ils ont commencé à développer la conception opposée, comme c’est le cas aujourd’hui. A la suite de ces événements, la bourgeoisie non-juive est venue à considérer ses compatriotes juifs comme une ressource inestimable du système capitaliste lui-même, une sorte d’avant-garde, la couche consciente de classe, le porteur d’une culture dont le lien avec l’échange de marchandises est plus vieux que le capitalisme lui-même, un système basé sur la généralisation de la production et de l’échange marchand. Cela est apparu clairement après la Seconde Guerre mondiale, en particulier après la montée d’Israël et la guerre de 1967. Il s’est manifesté dans la montée du néo-libéralisme, avec des idéologues comme Milton Friedman, puis le néo-conservatisme dans la deuxième guerre froide et plus tard lors des guerres néocoloniales contre le monde musulman. On trouve-là un rôle très important des idéologues sionistes, souvent juifs, dans ces mouvements politiques bourgeois et des tendances qui sont devenues assez hégémoniques dans la politique bourgeoise.

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 A l’avant-garde du racisme impérialiste

Et ceci est le point de décollage de la situation que nous avons aujourd’hui. Le Sionisme est devenu l’avant-garde du racisme dans les principaux pays impérialistes traditionnels. Les Sionistes sont l’avant-garde de l’agitation antimusulmane, ils ont été au cœur du mouvement néo-conservateur, qui a été, et est toujours, l’avant-garde du militarisme impérialiste au Moyen-Orient. De manière réelle, ils sont considérés comme une avant-garde par les classes dirigeantes impérialistes des pays les plus avancés. Cela a une base matérielle; pour les raisons historiques mentionnés plus haut, les Juifs ont toujours été surreprésentés dans la bourgeoisie des pays capitalistes occidentaux avancés. Dans la première période de participation juive en véritables révolutionnaires anticapitalistes cela a été perçu comme une menace par beaucoup des bourgeoisies non-juives dans les pays impérialistes.

Mais avec le changement contrerévolutionnaire de la conscience évoquée plus haut entre les juifs et la bourgeoisie non-juive, ceci s’est transformé en son contraire. Les juifs sont désormais considérés comme presque le Saint des Saints par la bourgeoisie impérialiste occidental. Ce processus était inséparable de la montée de l’Etat d’Israël avec son droit de citoyenneté particulière, la Loi de Retour, qui donne à chacun considéré comme juif, dans le sens conventionnel du droit, la citoyenneté israélienne. Ainsi, à la surreprésentation des Juifs dans les classes dominantes des pays impérialistes s’est ajouté un élément supplémentaire; cette couche surreprésentée a acquis une participation matérielle dans des autres Etats. Une participation déjà à laquelle ils s’étaient considérablement impliqués par le financement et la mise en existence antérieure sur la base d’une vision sioniste nationaliste. Ce qui est arrivé, en effet, est qu’une partie des classes dirigeantes des pays occidentaux sont venues s’enchevêtrer avec la classe dirigeante d’Israël, l’état le plus récent et créé artificiellement par des états capitalistes avancés, par des États impérialistes. Telle est la base matérielle de la puissance sioniste dans les pays capitalistes avancés; l’autorité «morale» du sionisme, bien que Israël a eu ses propres éléments autonomes, mais, matériellement, c’est cela sa base.

 Corbyn, du Travail et du sionisme

Il est de particulière important ce qui est arrivé récemment dans le Parti travailliste britannique, quand une révolte par en bas de la classe ouvrière elle-même s’est exprimé par le rejet du néo-libéralisme et du militarisme impérialiste des néo-conservateurs, qui s’exprimait classiquement par l’héritage pourri de Tony Blair. Cela a été fait, sans surprise, contre l’opposition amère, la résistance et la haine des Sionistes, avec le Jewish Chronicle jouant un rôle particulièrement important.

Les Sionistes ont joué un rôle extrêmement important en attaquant la campagne de Corbyn, et il doit être dit que le mouvement de la classe ouvrière britannique n’est pas encore politiquement armé pour lui faire face. A ce moment, le mouvement de la classe ouvrière est incapable de donner une réponse politique complète aux méthodes et stratégies de chasse aux sorcières du Sionisme, parce qu’il manque une compréhension marxiste cohérente et uniforme de la question juive et de ses implications. Mais l’analyse figurant ci-dessus répond aux points fondamentaux qui doivent être abordées dans la lutte contre cette, désormais, forme dominante de racisme dans les pays impérialistes.

Contrairement aux élucubrations et sophismes fallacieux qui ont été suintés à travers la presse bourgeoise, et qui ont trouvé un prompt soutien dans un certain nombre de blogs “pro-guerre » de « gauche» ou de gauche néo-conservatrice, la raison pour laquelle Corbyn a été ciblée est précisément parce qu’il est un antiraciste.

C’est aussi parce que, en dépit de ses limites politiques sociaux-démocrates de gauche, cet antiracisme l’a amené à se solidariser avec les victimes et les opposants, dont certains d’entre eux ont un positionnement erroné, d’autres sont politiquement confus, face à ce type historiquement spécifique de racisme et de nationalisme réactionnaire virulente qui est hégémonique dans les sociétés occidentales aujourd’hui.

 Distinction entre oppresseur et opprimé

Les attaques contre Corbyn parce qu’il a fraternisé avec le Hamas et le Hezbollah, par exemple, au cours de sa campagne électorale victorieuse, ont été claironnés urbi et orbi par les médias bourgeois et repris par les compères Blairistes et même par certains sionistes de gauche à l’intérieur et autour du Parti travailliste, comme l’Alliance for Worker’s Liberty, qui se sont trouvés dans l’embarrassante situation d’attaquer Corbyn de la droite et d’essayer de gagner les faveurs de toutes sortes des réactionnaires et bigots anti-arabes de «gauche», pro-guerre et pro-impérialistes, tandis qu’au même temps ils avaient besoin, pour des raisons d’attachement historique, de garder un pied dans le camp de l’extrême gauche. Ils ont donc été obligés de soutenir la campagne électorale de Corbyn, même si, comme ils disaient dans leurs propres termes, ils se bouchaient sans cesse le nez à cause de l’intrusion fréquente de la gauche véritable antisioniste dans la campagne. Cela marque une de leurs contradiction le plus aiguë, et compte tenue de leur longue association politique avec toutes sortes de réactionnaires pro-impérialistes et bigots, aucun dont nous devrions avoir confiance, sera résolu positivement du point de vue de la gauche.

Corbyn a été en quelque sorte forcé sur la défensive lorsque il a été accusé de partager des plateformes avec des militants du Hamas et du Hezbollah lors de manifestations contre les crimes israéliens envers les Palestiniens et les Libanais, et a rationalisé sa répondre à leurs représentants en tant « qu’amis » simplement comme une forme diplomatique de se diriger à des gens avec lesquels il est néanmoins fortement en désaccord et cherche à les persuader des avantages de la «paix». Ceci est en fait une concession inutile à l’opinion publique bourgeoise, et est le reflet d’une contradiction et d’une faiblesse dans la propre idéologie de Corbyn. La ‘paix’ est très bien, mais nous sommes sûrs qu’il sera d’accord, quand il sera questionné, que la paix est possible que lorsque les revendications légitimes soient pleinement pris en compte et quand l’oppression prendra fin.

Dans ce cas, Corbyn n’a rien à se reprocher pour avoir participé à des activités de protestation conjointe et pour faire campagne contre l’oppression sioniste et impérialiste avec les représentants des Palestiniens et des Libanais musulmans chiites qui ont systématiquement (dans le cas des Palestiniens) et périodiquement (dans le cas de les chiites libanais) été assassinés et opprimés par l’Israël raciste et sioniste, avec l’appui de l’Occident, depuis des décennies. Ceux qui crient sur le prétendu «antisémitisme» du Hamas et du Hezbollah, et de ce fait impliquent que les colons armés israéliens juifs (ce qui est en réalité, tout les Israéliens adultes dans les conditions politiques actuelles) sont en quelque sorte les victimes réelles ou potentielles de leur «racisme», sont eux-mêmes en train de colporter, un récit raciste anti-arabe.

L’antiracisme ne peut jamais être une injonction sur les opprimés d’aimer leurs oppresseurs et de ne pas avoir une vison d’eux teintée de haine, même si exprimé en termes religieux et / ou racialisées. Le racisme n’est pas la vision des opprimés sur leurs oppresseurs. Le racisme est plutôt une expression, en termes idéologiques, d’une relation de pouvoir ou comment un peuple oppresseur maintient l’oppression sur un peuple opprimé. en considérant systématiquement les peuples opprimés dans un certain sens d’ordre inférieur, comme méritant de l’oppression qui leur tombe dessus.

Cette compréhension est la base de la distinction élémentaire que les marxistes ont toujours faite entre le nationalisme de l’oppresseur et le nationalisme des opprimés, ou entre la violence de l’oppresseur et la violence de l’opprimé. Comme l’a dit Trotski sur cette question dans « Leur morale et la nôtre »:

«Un propriétaire d’esclaves qui, par la ruse et la violence enchaîne un esclave, et un esclave qui, par la violence ou la ruse brise les chaînes – ne laissons pas des eunuques méprisables nous dire qu’ils sont égaux devant le tribunal de la morale!” (Https: / /www.marxists.org/archive/trotsky/1938/morals/morals.htm)

 En ce sens, le bilan est tout à fait clair. Les Palestiniens ont été chassés de leur patrie les 70 dernières années, et ceux qui dans les autres parties de la Palestine, qu’Israël a conquis en 1967, ont été sous la domination raciste-terroriste israélienne pendant 50 ans. Les chiites libanais, la population libanaise principale a été régulièrement ciblée au massacre par Israël depuis les jours de Begin, sont également dans un rapport limpide de forces avec Israël. Ce qui est vrai de la violence et du nationalisme est aussi vrai aujourd’hui de l’intégrisme religieux ou même de ce qu’on appelle «racisme» (ou «antisémitisme») par les partisans de ces mouvements. Nous distinguons entre les idéologies et les actions de l’oppresseur et de l’opprimé.

JewishChron

Donc en fait, la «préoccupation» à propos de «l’antisémitisme» des partisans du Hezbollah et du Hamas dans le contexte de nettoyage ethnique israélien et du terrorisme de masse est semblable à la «préoccupation» à propos du «racisme anti-blanc» chez les Noirs dans le contexte de l’apartheid Sud-Africain, ou blanc en Rhodésie », ou de Jim Crow en Amérique, et toutes sortes d’autres crimes racistes. Ce n’est que de la démonologie raciste.

Alors que les marxistes ne souscrivent pas aux programmes de ces mouvements ou les idéologies qui les sous-tendent, de la même façon nous ne les considérons en aucune façon comparable au racisme d’Israël et de ses partisans et apologistes de l’Occident. En fait, cela est apparue, dans une mesure considérable, en raison des actions réussies du Sionisme destinées à détruire et à humilier ces mouvements arabes antérieurs, laïques contre l’oppression sioniste.

Ce qui rend ces attaques sionistes contre la politique «réactionnaire» de leurs adversaires doublement hypocrite. Il ne devrait y avoir aucune concession aux calomnies à propos de la «antisémitisme» des victimes arabes du sionisme, mais plutôt ceux qui soulèvent ces «préoccupations» devrait recevoir une réponse contondante.

Ce sont ces critiques qui sont les racistes, qui sont en train d’inverser la relation entre l’oppresseur et l’opprimé au Moyen-Orient d’une manière vraiment Orwellienne.

Ils sont de fait, des bigots du mythe raciste dominant de la bourgeoisie «judéo-chrétienne» des pays impérialistes, en utilisant ces récits anti-arabes, antimusulmans pour justifier les massacres, le nettoyage ethnique et la menace d’une guerre nucléaire dans leurs offensive néocoloniale, qui a réduit une grande partie du Moyen-Orient dans le chaos et le carnage.

 Paul Eisen et l’Holocauste

Ensuite, il y a une autre question par laquelle Corbyn a été fustigé (par le Daily Mail et le Jewish Chronicle, entre autres) au cours de sa campagne pour la direction du Labour Party- ses manifestations de soutien à des soi-disant «antisémites» et négationnistes. Plus important encore, Corbyn a été dénoncé pour avoir participé à des événements organisées par Deir Yassin Remembered, qui est une organisation qui a été fondée principalement par des juifs et des expatriés israéliens pour commémorer le massacre sioniste de plus de 100 villageois palestiniens à Deir Yassin, sur le bord de Jérusalem-Ouest, en Avril 1948. Le Directeur du Deir Yassin Remembered est Paul Eisen, un Juif britannique qui vit dans le nord de Londres.

Tout examen du matériel de Eisen révélerait qu’il est profondément sensible aux crimes qui ont été commis au nom du peuple juif (et donc de lui-même). Il a une réaction émotionnelle et cela peut être éminemment compréhensible, mais c’est loin d’être la meilleure façon de parvenir à la clarté politique. Il incarne un profond sentiment de culpabilité pour des crimes commis par son propre peuple, car il le voit ainsi. Ceci n’est un phénomène inconnu à ceux qui sont actifs à gauche. On en vient parfois à connaître ceux qui ont une réponse similaire devant leur héritage (des massacres) britannique, allemand ou américain, et sont consommés par la culpabilité sur les crimes de l’impérialisme. Ce n’est pas habituellement une réponse de la classe ouvrière, toutefois, mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter, cela peut être le commencement de la sagesse si ces personnes radicalisés, généralement assez bourgeois, rompent avec leur réaction de culpabilité et cherchent à analyser l’impérialisme politique, en utilisant des méthodes d’analyse marxiste.

Ce qui est relativement nouveau est venu à travers des personnes juives qui ont un complexe de culpabilité semblable au sujet de leur propre origine juive. Ceci est évidemment le cas Eisen, qui a réagi au culte de la Shoah et de son utilisation pour justifier les crimes contre les Palestiniens aujourd’hui, en exprimant publiquement des doutes sérieux sur la vérité des aspects clés de la Shoah, en particulier l’existence des chambres à gaz et si jamais il y avait un plan nazi d’extermination des Juifs d’Europe en 1941-5. Il considère que les juifs ont été soumis à l’emprisonnement arbitraire, la famine et le travail servile qui a causé de nombreux décès, mais visait un nettoyage ethnique et l’expulsion, pas une extermination de masse, et que le nombre de victimes juives a donc été gonflé, en partie par des estimations inexactes de la population juive d’avant-guerre.

Ceci est un résumé fidèle des points de vue et des motivations de Eisen, dont certains sont encore disponibles sur le web. Son site personnel a été privatisé lorsque ses vues et ses activités sont devenues une question politique au cours de la campagne électorale de Jeremy Corbyn. Corbyn avait lui-même assisté à certains événements de Deir Yassin Remembered, plus récemment, en 2013, quand il a été photographié à un événement public avec Gerald Kaufman, le «père de la Chambre [des communes]» (le plus ancien député) qui, dans ses jeunes jours avait été un fervent sioniste et un idéaliste. Plus tard dans la vie, il est devenu l’un des critiques les plus virulents de crimes juifs israéliens et a souvent été dénoncée comme un «Juif ayant de la haine de soi». Il semble que Corbyn a parfois donné des dons à ce groupe pour son travail de commémoration de ce massacre hideux trop peu connu pour l’amener à l’attention du public.

Les vues de Eisen sont fourvoyées et sont historiquement fausses. En dehors de la base factuelle douteuse sur la matière, il cite directement et principalement à partir de sources douteuses proches du vieux style d’extrême droite désireuse de minimiser les crimes de Hitler (qui Eisen accepte sans véritable examen des motifs, un produit de sa culpabilité sur les crimes actuels) , son analyse accepte un aspect clé de l’idéologie sioniste que ni lui ni la plupart de ses détracteurs remarquent même – le point de vue que le génocide nazi était orienté seulement contre les Juifs.

Mais ce n’était pas le cas: un demi-million de Tsiganes ont également été anéantis par les nazis. Aussi plusieurs millions de Slaves, les gais et les communistes. Les Témoins de Jéhovah même. Les juifs eurent le nombre de morts le plus élevé parce qu’ils étaient le groupe cible le plus peuplé, mais il ne s’agissait pas que des Juifs. Mais tandis que Eisen est devenu obsédé afin de déboulonner des faits essentiellement vrais, mais mal utilisés contre le massacre réelle des Juifs, beaucoup de ses critiques les plus véhémentes partagent cet accent mis sur la nature juive de la Shoah. Mais contrairement à Eisen, la plupart de ceux-ci font la même chose d’un point de vue chauvin carrément juif.

 Racisme juif contre les Juifs …?

Après tout, le racisme est avant tout un reflet de relations réelles d’oppression. Jugé sur cet angle, les allégations de «racisme» qui ont été jetés à Eisen, ont également été jetées à Corbyn par ricochet. Comment diable Eisen est raciste en propageant des idées (fausses) sur la Shoah? Est-il, en tant que Juif, engagé dans une certaine forme d’oppression des autres Juifs par le biais de ses opinions? Pas du tout, l’idée est absurde, car (a) les Juifs ne sont pas une minorité opprimée, mais plutôt à bien des égards une minorité riche et privilégiée dans la société britannique d’aujourd’hui, et (b) s’ils étaient à certains égards opprimés, ils auraient alors beaucoup plus des soucis que l’opinion d’une personne juive erronée comme Eisen. La traque des Eisen par les médias pour passer à Corbyn était un acte d’intimidation chauvine réalisé par le gang le plus puissant de racistes organisées dans les sociétés occidentales d’aujourd’hui. Il est le genre des choses auxquelles que le mouvement ouvrier doit s’opposer. Mais pour s’opposer à ce genre de choses, il est nécessaire de comprendre la complexité de la question et du pourquoi cela est nécessaire.

PaulEisen

Ceci est un problème aussi avec ceux qui aspirent à être antisionistes et sympathisants des Palestiniens. Par exemple, lorsque le «scandale» de l’association de Corbyn avec Deir Yassin Remembered était en plein essor, et Corbyn avait publié les déclarations nécessaires en soulignant qu’il n’a aucune sympathie pour les vues de Eisen (évidemment vrai), une lettre a été mis en place publique par un tas de ‘défenseurs’ gauchistes juifs de Corbyn contre les attaques de la Jewish Chronicle:

“Vous citez Paul Eisen disant que Jeremy Corbyn a fait une donation à Deir Yassin Remembered. Ainsi l’on fait beaucoup de gens avant de découvrir l’existence d’antisémites et de négationnistes dans cette organisation. Beaucoup de gens ont assisté au concert de collecte de fonds qui DYR a organisé, sans savoir ou sympathiser avec les vues de M. Eisen. “(http://www.thejc.com/news/uk-news/142553/anti-israel-activists-attack- jc-challenging-Jeremy Corbyn-)

 Ce qui est remarquable à propos de cette lettre est double. L’une est que, si c’est évidemment correct pour Corbyn de se dissocier des points de vue des Eisen, dont personne n’a jamais sérieusement suggéré qu’il aurait quelque chose en commun de toutes façons, cette lettre attaque Paul Eisen comme un «antisémite», à savoir comme un raciste. Cela va plus loin que de séparer simplement les auteurs (et Corbyn) du point de vue de Eisen. L’autre point est que cette lettre ne mentionne pas que Eisen est en fait lui-même juif. Cela n’est pas accidentel. Car si elle avait mentionné cela, il n’y aurait que peu d’éléments idéologiques que ces gauchistes ne partagent pas avec le Jewish Chronicle et la foule principale de chauvins juifs qui attaquent Corbyn.

Attaquer une personne juive comme «antisémite» est très étrange. Dans la situation où l’oppression réelle existe, dans l’Allemagne nazie, par exemple, ou en Israël / Palestine aujourd’hui, il est parfaitement possible pour un membre de la population opprimée de trahir leur propre peuple. Il y a des exemples, à la fois actuels et historiques. Beaucoup de Palestiniens considèrent, avec raison, l’ancien responsable de l’OLP le sinistre Mohammad Dahlan, d’être un agent israélien. Il y avait de bonnes raisons, dans les temps passés, de considérer le Gang Stern (Lehi) terroriste et plus tard le Premier ministre israélien Yitzhak Shamir d’être un collaborateur nazi. Des choses semblables se produisent dans toutes les luttes contre l’oppression, en Afrique du Sud au cours de la lutte anti-apartheid le chef zoulou Buthelezi était un collaborateur flagrant et un traître. Pendant la période Jim Crow aux États-Unis, le phénomène de la «Oncle Tom» a été également bien connu – Booker T Washington fut peut-être l’exemple le plus connu.

Ces gens trahissent leur propre peuple dans la lutte contre l’oppression. Il ne serait pas exact en fait de les appeler racistes contre leur propre peuple, mais leurs trahisons étaient certainement le produit de leur propre faiblesse, de leur lâcheté et de la corruption en face de l’oppresseur. Ils sont, et ont été, à juste titre, honnis.

Mais les juifs ne sont pas victimes de l’oppression aujourd’hui. Ils sont les fauteurs de l’oppression au Moyen-Orient. Et beaucoup, sinon la plupart, les Juifs de la diaspora soutiennent que les juifs ne sont soumis à aucune oppression dans les pays capitalistes avancés. D’où viennent donc les allégations «d’antisémitisme» contre des personnalités juives comme Paul Eisen? Comment est-il possible d’être raciste contre vous-même, ou même d’une certaine façon un traître à vos propres gens dans une situation où vos propres gens ne sont pas opprimés, mais beaucoup d’entre eux sont soit des participants, ou des complices eux-mêmes de l’oppression?

Ce ne sont pas questions oiseuses. Paul Eisen est la pointe de l’iceberg. Il y a une très longue liste et croissante de personnes d’origine juive qui ont été accusés, y compris par des militants juifs d’extrême gauche, d’être antisémites, soit des racistes anti-juifs. Si vous vous asseyez et écrivez une liste, vous pouvez vous trouver avec des dizaines de personnalités – un regard sur le conseil d’administration de Deir Yassin Remembered peut donner pas mal pour commencer. Et si ce sont les principaux, il est sans doute vrai que il y a beaucoup d’autres moins éminents qui sont d’accord avec eux. Donc, toute une couche existe apparemment des «antisémites» d’origine juif. Et qu’il serait admissible pour la gauche de se joindre aux sionistes pour les dénoncer et isoler.

Certains des plus sophistiqués de ces chauvins juifs de «gauche» , mal à l’aise avec la logique qui implique cela, concèdent que ces juifs non-conformistes ne sont pas dangereux du tout pour le peuple juif. Mais ils disent, que le mouvement de solidarité avec la Palestine doit être «protégé» de leur influence pour éviter qu’il ne soit «discrédité» comme «antisémite» par les sionistes. Cet argument est ancré dans le paternalisme. Apparemment les non Juifs en général (et les Arabes en particulier) sont trop stupides pour être capable de gérer ce problème complexe grâce à l’engagement et au débat démocratique. Il doit être résolu par des moyens chirurgicaux par les vigilantes politiques juifs.

La véritable explication à cela est que beaucoup de ceux à gauche qui aspirent à être antisionistes partagent néanmoins les préjugés dominants aujourd’hui que disent, que pour tous les crimes d’Israël et ses partisans à l’étranger (en particulier les plus bourgeois qui significativement les soutiennent matériellement et politiquement) , il y a quelque chose d’intrinsèquement progressive et ennoblissant d’être juif, quelque chose qui met les Juifs sur un plan moral plus élevé que le reste de l’humanité.

Einstein

 La culpabilité collective contre l’innocence collective: une fausse dichotomie

Nous en tant que marxistes rejetons la notion de culpabilité collective de peuples entiers. Beaucoup de bons libéraux Allemands de classe moyenne, souvent assez à gauche dans leurs aspirations, sont consommés par la culpabilité sur le passé de l’Allemagne, et aujourd’hui encore, se mobilisent politiquement sur la base d’une telle culpabilité. Telle est la base pour le mouvement anti-Deutsch de la classe moyenne en Allemagne, où la culpabilité à propos de la Shoah les a conduit. Logiquement, ils ferment les yeux sur les crimes de juifs sionistes aujourd’hui parce que les juifs ont été une fois les victimes innocentes de l’impérialisme allemand. Leur slogan, nous le remarquons est, “Plus jamais l’Allemagne”.

Paul Eisen et ses semblables sont l’équivalent juif de l’anti-Deutsch. Ceci n’est pas du tout du racisme, en d’autres termes, ce n’est qu’une impulsion antiraciste confuse. Ceci est montré, par ailleurs, par la récente déclaration de Netanyahou que Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs, mais simplement les expulser du Reich. Selon Netanyahu, Hitler a ensuite été persuadé de «brûler» les Juifs par le potentat palestinien Haj Amin al Husseini, le Grand Mufti de Jérusalem. Il y a un degré de similitude formelle entre ce que Netanyahu dit à propos de Hitler, et ce que dit Eisen. Mais l’intention est à l’opposé. En refusant la culpabilité de Hitler, Eisen essaie de contredire le raisonnement israélien en faveur de l’oppression des Palestiniens. Mais quand Netanyahu rejette la culpabilité de Hitler, il le fait dans le but de la transférer aux Palestiniens à travers de la personne du Mufti: Netanyahu cherche à créer les conditions politiques pour un génocide des Palestiniens.

Donc, ici vous voyez des éléments similaires de fausse analyse, mais utilisé à des fins opposées. Mais, de manière absurde, l’une des réponses de la gauche juive a été d’accuser Netanyahu de «déni de l’holocauste». Ainsi, ils ratent complètement la cible, et montrent que même maintenant, ils considèrent les Juifs comme beaucoup plus importants que les Arabes. Netanyahu n’est pas intéressé par l’histoire, sauf comme un moyen d’inciter au massacre des Arabes dans l’ici et maintenant. De même Eisen a tort d’utiliser l’histoire pour défendre les Palestiniens, de la façon dont il la voit. Pourtant, ce sont des phénomènes opposés.

Toute personne en Allemagne qui a dénoncé l’anti-Deutsch comme « racisme  anti allemand » se serait engagée dans le même genre d’erreur fondamentale que ceux de la gauche britannique qui dénoncent Eisen et co. comme «antisémite». Implicitement, ces accusateurs de l’anti-Deutsch pourraient être accusés de partager certaines des conceptions caractéristiques des apologistes nazis.

Et ceux qui font des allégations analogues contre Eisen, exactement de la même manière, se font l’écho en fait des mythes sionistes sur la nature sacrée du peuple juif, et de leur supériorité morale sur les autres.

Ceci est également la force inconsciente ou semi-consciente qui conduit les différents groupements purement juifs qui sont régulièrement formés dans et autour du mouvement de solidarité en Palestine.

Les socialistes rejettent la notion de culpabilité collective des peuples. Mais nous rejetons également la notion d’innocence collective, ce qui en fait déplace simplement la notion de culpabilité collective sur d’autres peuples. La théorie d’Israël comme un Etat colonial et des colons, par opposition à un état de colons juifs politiquement identiques en substance aux colons actuels, les ‘pionniers’ qui sont en train de découper la Cisjordanie, attribuent le rôle principal dans la conduite de la colonisation israélienne aux États-Unis et aux anciennes puissances coloniales.

Il dit essentiellement que peu importe ce que les crimes des forces politiques ou militaires juifs peuvent commettre contre les arabes, les juifs sont collectivement innocent de ces actions. Ce sont les Américains et les Britanniques qui sont vraiment à blâmer.

Bien sûr qu’ils partagent une grande partie du blâme, de la Déclaration de Balfour à l’accord de Suez, à l’appui massif des États-Unis d’Israël dans les dernières décennies. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et d’autres ours impérialistes partagent une culpabilité massive. Mais les juifs en tant que groupement semi-national, avec une classe dirigeante qui s’étend au delà de certaines frontières nationales et qui a ses propres intérêts indépendants, ne sont pas collectivement innocents. Ils portent autant la responsabilité que leurs alliés.

Il n’y a pas de culpabilité collective des Américains, Britanniques, Français ou Allemands, ou des juifs, pour aucune de ces choses. La faute incombe fondamentalement aux diverses classes dirigeantes, dans leurs différentes formes et de permutations.

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Dans le cas des juifs, il y a la preuve d’un certain niveau de conception partagée avec le sionisme – un produit de la pression sociale, puisque, comme tel est le thème principal de cet article, c’est une forme modifiée du racisme, incorporant des conceptions sionistes et de l’influence. C’est la forme hégémonique du racisme aujourd’hui.

Pour conclure, Karl Marx a déclaré que «Les philosophes ont seulement interprété le monde de différentes manières; ce qu’il faut c’est de le changer “. Cela souligne à juste titre le rôle de l’activité pratique afin d’influer sur la réalité matérielle. Cependant, un corollaire de ceci est que pour commencer à changer le monde, vous devez comprendre, au moins à un certain niveau de base.

Et soit par manque d’analyse réelle, ou par la pression sociale, ou plus probablement une combinaison des deux, la compréhension du rôle réel du sionisme dans les sociétés occidentales, et les racines matérielles de cela, a fait défaut parmi les marxistes. Cet article fait partie d’une tentative de remédier à cela, pour armer le mouvement de gauche et de la classe ouvrière avec une compréhension cohérente de cette forme très sophistiquée, et aussi très cohérente, de la politique des bourgeois, des classe ennemies. ▲

 

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